Les nouveaux habits des impératrices ou Fessées: Ils sont fous ces
Kiwis
Par Ruby Harrold-Claesson, avocate
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Il y a un an, j'ai fait un voyage long de 36 heures de Gotembourg, Suède à
Auckland, Nouvelle Zélande, sur l'invitation de la Coalition de la Section 59.
Je suis venue pour témoigner à l'audition parlementaire de la proposition pour
l'abrogation de la Section 59 du Code Pénal et pour informer - et pour avertir
- les citoyens de Nouvelle Zélande des effets de la loi suédoise contre les
fessées.
Quand j'ai quitté la Nouvelle Zélande après mon séjour de deux semaines, j'étais
pleine d'espoir pensant que la proposition ne passerait pas parce que plus de
80 % de la population n'était pas en sa faveur. J'espérais également que la Nouvelle Zélande soit un pays démocratique qui respecterait la
volonté du peuple. Mes avertissements ont été soutenus par ma présentation de
30 jugements en pénal que j'ai rassemblés pour ma prochaine thèse de doctorat
sur la loi suédoise contre les fessées. Ceux-ci montrent comment des parents
ont été poursuivis en justice et condamnés à des peines d'amendes ou de prison
ferme et comment leurs enfants ont été pris par les autorités sociales, séparés
de leur famille et placés dans les maisons d’adoption. Mais tout cela n’a pas
été entendu par des parlementaires restés sourds à mes avertissements. Mes
espoirs ont été finalement mis en pièces en Mai quand la proposition est
devenue loi parce que les membres du parlement (MPs) ont été forcés de voter
contre leur conscience. Heureusement, quelque MPs dotés d'une haute intégrité
ont refusé de voter pour la loi : un MP a démissionné de son parti à cause
d'elle.
La Nouvelle Zélande a commis une erreur historique en suivant l'exemple de
la Suède pour interdire les fessées. La loi Néo Zélandaise est même allée au delà de celle de la Suède car elle prévoit des peines criminelles pour
les parents contrevenants[1],
et la Commissaire des Enfants a exprimé sa joie, comme faisait la foule devant
les nouveaux habits de l’Empereur. La loi Suédoise n’avait pas prévu de telles
sanctions, mais le Parlement Suédois bien que conscient que cette nouvelle loi
serait durcie par des dispositions pénales l’a votée. Et ainsi fut fait.
La Section 59 du Code Pénal était une bonne législation et de ce fait il ne
fallait pas la triturer.
Sue Bradford, le MP qui a proposé l'abrogation de la loi, a envoyé trois
messages forts :
1 - Elle se juge plus compétente que les magistrats légalement reconnus qui
devaient décider de ce qui était "force raisonnable" ;
2 - Elle ne fait pas confiance au jugement des Cours ;
3 - Elle pense que les jugements précédents étaient erronnés.
Rappelez-vous, la loi contre les fessées n'a pas été livrée à l'humanité
sur des tablettes de pierre en tant qu'un des Dix Commandements. Elle a été
imposée par les législateurs (ingénieurs ) sociaux Suédois. Ainsi, le fait que
la Suède a abrogé son équivalent à la Section 59 ne justifie pas que la
Nouvelle Zélande en fasse de même. Dans un débat télévisé le 19 Juillet 2006,
Sue Bradford a dit qu'il n'était pas pertinent de discuter de la loi suédoise.
Cependant, il est tout à fait évident qu’un pays ne puisse envisager d'imposer
une loi anti-claques sans tenir compte de l’expérience de la Suède - pays
pionnier en la matière. En outre, le Parlement Britannique s'est engagé dans un
procédé législatif semblable en 2004. Il a eu comme conséquence l'amendement de
Lester, qui s'appelle le "bonbon fondant". L'amendement Lester[2]
est considéré comme une avancée vers une interdiction totale des fessées.
Cependant, l'Angleterre a mis en place une réflexion sur le sujet. Dans un
article dans Le Peuple, le 8 Juillet,
2007, le ministre des enfants du Parti Conservateur, Tim Loughton, a indiqué :
"la loi actuelle est impossible - elle ne fait que criminaliser les
parents. Nous devons définir clairement la ligne entre le châtiment par des
parents et la violence sur des enfants."
Tandis que le parlement Suédois pensait agir de bonne foi en abrogeant
l’équivalent à la Section 59 et en promulgeant la loi anti-claques, en dépit
des avertissements des organes juridiques importants, on ne peut pas considérer
qu’il en soit de même pour le parlement de NZ. En effet, le professeur Bob
Larzelere et moi les avons suffisamment informés des conséquences désastreuses
que la loi Suédoise a eu pour les enfants, les familles et la société dans l'ensemble.
Les lobbyistes anti-claques de NZ réclament l'abrogation de la Section 59
pour mettre fin aux abus sur les enfants. Ils disent également que les enfants
Suédois sont protégés parce qu'un seul enfant meurt d’abus tous les quatre ans
en Suède. Ces déclarations sont tout à fait fausses. En effet vouloir imposer
une interdiction contre les fessées sur la base des “faibles taux de
mortalité" des enfants en Suède prouve qu'ils n'ont pas noté que les
statistiques d’ homicide indiquent seulement les cas extrêmes d'abus sur
enfants. Combien de fois entend-on parler de la ''mort par claque"? Les
taux d’homicide ne sont pas comparables aux nombres de maltraitance par
claques. Et, l'abrogation de la Section 59 du Code Pénal ne changera pas la
situation pour les enfants qui sont victimes d'abus.
Même l’interdiction totale des fessées qui a été légiférée en 1979 n’a supprimé
la maltraitance des enfants en Suède. En effet, le professeur Hans Temrin[3]
de l'Université de Stockholm a montré dans deux communiqués de presse séparés,
le dernier édité en Mai 2006, que 258 enfants en Suède ont été tués par leurs
parents ou leurs gardiens entre 1965 et 1999. Par ailleurs, ces chiffres
n'incluent pas les enfants morts durant le temps où ils étaient pris en charge
par l'état, par exemple Daniel Sigström (1992) ou Felicia Pettersson (2005). Un
petit rappel : en Suède, en Janvier - Février 2006 trois enfants âgés de moins
de dix ans sont morts à cause de leurs parents et en Mai une fille de 12 ans a
été tuée par son beau-père.
Vous pouvez vous demander qu’elle est la raison de ma participation dans
les débats anti-claques de la Nouvelle Zélande. La Suède étant le premier pays
à interdire les claques elle est ainsi citée comme modèle à suivre. En ma
qualité d'avocate en Suède, étudiante doctorale sur la loi suédoise contre les
fessées et présidente du Comité nordique pour les droits de l'homme (CNDH) pour
la protection de la famille dans les pays nordiques,[4]
j'ai de multiples expériences sur l’application d’une telle loi. J’ai constaté
que la Suède est le modèle à éviter - à tout prix..
Voici pourquoi : 1 - la société accepte que les parents, par définition,
aient un rôle éducatif et punitif. La Suède qui se glorifie d’être le premier
pays au monde à supprimer la punition physique des enfants - les fessées - a
enlevé la réclamation "de la force raisonnable" en 1957. La Suède a
ensuite pris d'autres mesures pour "protéger les enfants" contre
"l'abus" et c’est en 1979 que la "loi d'Anti-claques", fut
promulguée dans le Code des Parents. La féssée devint alors synonyme
d’"abus sur enfant". Plusieurs organismes d'état qui ont donné leurs
avis ont soulevé leurs craintes contre la loi. Ils ont montre l'endoctrinement
à la violence que les enfants rencontrent dans les films et dans les médias et
également la violence administrative à laquelle les enfants et leurs parents
seraient soumis en raison de la nature
totalitaire de la loi.
Malgré le fait que le Parlement ait été informé sur les dispositions pénales
de la loi, l'information fournie dans le sommaire anglais promettait qu'aucun
parent ne serait poursuivi au vu de la loi. Ceci a été réitéré dans des termes
semblables lorsque la loi a été présentée à Paris pour informer le monde entier
avec la déclaration que la loi "ne représente pas une prolongation du
secteur criminel". Cependant, la première poursuite pour des incidents
mineurs s'est déjà produite en 1978 - avant l'entrée en vigueur de la loi. Les
statistiques Suédoises publiées en Février 2007 montrent qu'il y a eu une
augmentation de 14% de maltraitance d'enfant en dépit de la loi anti-claques,
avec 11 000 rapports "d'abus sur enfant" par an en Suède.[5]
Et certains affirment que
"seulement" dix pour cent des cas sont poursuivis en justice.[6]
Cependant, les lobbyistes Suédois et Néo Zélandais et leurs experts et
statisticiens déclarent que loi anti-claques Suédoise est une grande réussite,
et que les rapports prouvent que seulement un très bas pourcentage de parents
Suédois claquent leurs enfants.
Avec 11 000 rapports "d'abus sur enfant" par an et
"seulement" dix pour cent de cas poursuivis en justice il semblait
necessaire d’établir des lois plus rigoureuses pour garantir le succès de la
loi Suédoise contre les fessées. Ainsi, en 1998 - 2000 la loi "perturbation
aggravée de la paix" - qui au commencement avait pour but la protection
des femmes battues - est élargie pour y inclure la fessée des enfants. Depuis
lors des parents sont poursuivis pour "la perturbation aggravée de la
paix" et leurs enfants sont pris par les services d’adoption. La
différence entre le fait d'être poursuivi pour "maltraitance
d'enfant" et "la perturbation aggravée de la paix" est que dans
le premier il faut préciser des dates, mais dans le dernier les allégations
suffisent.
2 - En ma qualité d'avocate en Suède,[7]
chercheuse et présidente du CNDH, j'ai vu les effets de la loi anti-claques sur
des enfants et leurs familles. En raison de ma connaissance du système Suédois,
j'ai été approchée par deux personnes de régions séparées de NZ qui avaient
trouvé le site du CNDH et je me suis engagée dans les débats sur la Section 59
pendant les deux dernières années. J'ai fait des soumissions écrite et orale au
Comité Parlementaire pour Section 59. Ma soumission orale a été accompagnée de
32 sommaires d'arrêts en anglais et 30 photocopies des verdicts, les procès
verbaux et des articles publiés dans les journaux et d'autres articles en
Suédois.
La discipline en Suède est devenue un mot qui est dédaigné et qualifié
comme abus d'enfant. Cela est une vue très extrémiste qui devrait être examinée
soigneusement. Dans son livre "Théorie de base de la psycho-analyse"
Robert Waelder[8] a écrit ce
qui suit :
"...
une approche psychoanalytique à l'éducation ne signifie pas que les enfants
devraient obtenir ce qu’ils désirent quand ils désirent quelque chose ; il faut
plutôt essayer de trouver un équilibre approprié entre la satisfaction et la
déception dans chaque situation... nous devons trouver la combinaison optimale
de deux ingrédients également importants mais en partie opposants pour un
développement sain, à savoir, amour et discipline ; pour aimer sans se
corrompre et pour discipliner sans blesser."
Dans sa dissertation "Mélanger l'amour et les
limites dans l'éducation des enfants : Un modèle conditionnel d'ordre des
réponses disciplinaires"[9]
édité en 2001, Dr. Bob Larzelere constate que plusieurs programmes de recherche
ont prouvé que l'éducation optimale des enfants doit se composer de l'amour et
des limites - ne dressant pas les deux ingrédients l'un contre l'autre.
Les directives de l'ONU de l'UNICEF
En Mai 2006, ancien sécrétaire général de l'ONU,
Kofi Annan, qui est marié à une femme Suédoise, d’où son intérêt à favoriser
l'ordre du jour Suédois, a proposé des directives selon lesquelles chaque pays
du monde devrait imposer des lois contre les fessées. Kofi Annan, également
connu pour sa non-intervention dans le massacre Rwandais, a complètement ignoré
que des grosses injustices ont été commises à cause de la loi Suédoise contre
les fessées; que des milliers de familles ont été détruites par des
interventions inutiles de l'état et que les parents ont peur de corriger leurs enfants.[10]
Pour mettre en application ses directives, Kofi Annan a nommé le professeur
Portugais, Paulo Sérgio Pinheiro, pour inciter tous les gouvernements du monde
"à offrir aux enfants la même protection que la loi donne aux
adultes". C'est une expression très intéressante, parce que La Convention
pour les Enfants dans son préambule stipule protéger les enfants comme suit :
"l'enfant, en raison de son immaturité physique et mentale, a besoin des
sauvegardes et des soins spéciaux, y compris la protection légale appropriée,
aussi bien avant qu'après la naissance". La Suède n'arrive pas à atteindre
cette condition pour 30 000 cas d’enfants avortés par an. Les chiffres pour la
Nouvelle Zélande sont de 18 000.
Les avocats dont l’idéologie porte sur "la
protection de l’enfance" disent qu'ils agissent dans le meilleur intérêt
de l'enfant quand ils réclament une interdiction totale des fessées et des
pénalités lourdes pour les parents
fautifs. Cependant, ils ne se rendent pas compte qu'ils sont en effet
ceux qui exposent les enfants à un abus plus grave. Normalement, la grande
majorité de parents parle à leurs enfants et essaie de les guider dans la
légalité. Une claque est habituellement administrée quand les mots et la
remontrance n'ont pas eu l'effet désiré. Ainsi, si un enfant est claqué pour
quelque chose fait ou pas fait, la soumission des parents aux investigations de
police et aux investigations sociales et la séparation de l'enfant de ses
parents seront une double punition pour l'enfant. Ceci exposera non seulement
l'enfant à un grave traumatisme mais endommagera également les relations de
l'enfant avec ses parents - peut-être de manière permanente.
Alors, ces Kiwis (MPs) doivent être fous !
Matraitance en Suède des enfants de la
DASS
Par Ruby Harrold-Claesson
[1]
Larzelere's parting comments http://www.scoop.co.nz/stories/PO0705/S00223.htm
[2] Was the Lester amendment really necessary? By Kay Ma. Dissertation 2005
[3] Hans Temrin "Styvföräldrar misshandlar oftare barn till döds", DN May 12, 2006
[4] Le MP Kathryn Rich postule que je
suis "idiote (a fruit loop)". Voir Prof Jacob Sundberg's lettre à
Kathryn Rich http://familyintegrity.blogspot.com/2007/05/letter-to-kathryn-rich-from-jacob-wf.html et sa lettre à Deborah Coddington, http://www.nkmr.org/english/coddington_letter.htm
[5] 14% Increase in Child Abuse despite
Swedish Smacking Ban, http://www.scoop.co.nz/stories/PO0702/S00378.htm
[6] "Anti-smack campaign fails to pack a punch" quotation,
Christian Diesen. Note in the article that Diesen wants more parents to be
prosecuted.
[7] Je ne suis pas membre de
l'association Suédoise des avocats, un fait dont Sue Bradford et ses lobbyistes
"de protection d'enfant", sans connaissance du système Suédois, ont essayé
d'en tirer avantage, dans leurs tentatives pour minimiser mes actions en raison de ma critique sur la loi
Suédoise d'anti-claques. Les Cf note 4 ci-dessus.
[8] Waelder, R IUP, New York, 1964
[10] European Report: Mummy and Daddy
spare rod - or go to court http://www.corpun.com/eud00002.htm