Contribution de Sven Hessle au débat dans l'affaire d'Alexander Aminoff - refusée par Le Quotidien Suédois (Svenska Dagbladet), le 3 Juillet 1984.

 

 

 

Sven Hessle, professeur en sciences sociales à l'université de Stockholm, était professeur auxiliaire en 1984 lorsqu’il a écrit cet article comme contribution aux débats sur le sort d'Alexander Aminoff. Birgitta Wolf, connue sur le plan international comme "L'Ange des Prisonniers", avait commencée ce débat dans Le Quotidien Suédois (Svenska Dagbladet) le 1 Juillet 1984. L'éditeur au Quotidien Suédois, Fredrik Braconnier, refusa à publier l'article de Sven Hessle le 3 Juillet 1984. Cependant, cet article a été édité dans le livre de Birgitta Wolf  - "Le cas d'Alexander - un enfant confisqué". Sven Hessle a donné son consentement pour que nous éditions son article sur notre site.

 

Traduction: Ruby Harrold-Claesson, avocate.

 

 

 

 

La plus grande interférence qu'un état peut exercer contre ses citoyens doit être de priver un adulte de sa condition parentale. D’emporter la possibilité d'une mère pour exercer sa responsabilité parentale vis-à-vis de son enfant signifie non seulement que la société l'a découpée des droits de construire une passerelle entre les générations passées et futures par son enfant. Il signifie également que la société donne à l'enfant le message qu'il ou elle devrait nier sa mère, et recevoir à la place une autre personne, un étranger, en tant que son nouveau parent. Emporter la condition parentale d'un adulte est donc un genre de déclaration de la mort vis-à-vis des personnes vivantes, qui risque d'affecter surtout les enfants. C'est pourquoi de telles mesures sont si rares. Au moins dans d'autres pays.

 

Un certain nombre de cas qui concernent la discussion suédoise sur les soins publics d’enfants ont suscité l'attention internationale. Certains réclament que ces cas sont les exceptions dans un état providence de fonctionnement autrement bon. D'autres, indigné par les cas annoncés, réclament qu'elles sont tordues et insuffisamment présentées par des journalistes de peu sérieux selon les modalités établis par les parents.

 

A mon avis, ces cas sont le dessus d'un iceberg, et au-dessous de la surface se trouve un changement idéologique qui est en train de créer le dédain pour et indifférence auprès le rapport le plus sensible sur lequel une société se base, la relation entre le parent et l'enfant.

 

Pour cette raison, le cas internationalement observé et tragique de la famille  Aminoff est un cas important quant aux principes. Dans son nudité grotesque et évidente, la façon dont l’on a traité ce cas montre non seulement la rigidité et la manque de sensibilité qui s’épanouit dans notre système social quand les autorités se trouvent confrontées avec la richesse éternelle dans la variété et des expressions émotives de la vie humaine. Le cas d'Aminoff est également une expression de l'attitude cynique de certains cadres envers les personnes qui refusent de s'adopter à la configuration idéologique obligatoire que les "experts" idéologiquement endoctrinés et les fonctionnaires veulent forcer sur eux.

 

La cour de Roslag-sud avait décidé le 20/6 1984: "que le soin d'Alexander Aminoff, né le 16 Mars 1969, no. de registration civil 9412, devrait être accordé sur Lars-Åke Lundqvist, ne le 3 Mai 1943 no. de registration civil 0175.". La hache finale est ainsi tombée entre le garçon 15 ans et sa mère. Un cas qui a été discuté en beaucoup d'articles pendant les dernières années, parmi d’autres dans ce journal-ci. Alexander a passé 4 1/2 ans loin de sa mère et caché dans les maisons d'accueil. La mère a fait tous ce qu'elle en tant que journaliste et mère pourrait faire pour obtenir le droit de revoir son enfant unique. Entre autres, elle a écrit des articles ici dans notre pays et ailleurs.

 

Dans les parties du verdict qui sont ouvertes au public (des grandes parties du verdict sont déclarées secret) l'on peut obtenir une certaine opinion superficielle de l'environnement dans lequel Alexander a été caché pendant tellement longtemps. D'une part le foyer d'accueil Rosa: "La cour ... est de l'impression réelle qu'ils (les parents d'accueil) sont bien adaptés pour prendre soin des enfants dans des situations difficiles".

 

D'autre part la cour considéra qu'il était "grave" que les parents dans le foyer d'accueil avaient reçu trop d'autres enfants en même temps, et que c'était "un souci" que les parents dans le foyer d'accueil avaient eu un "rupture" qui avait incité la mère du foyer d'accueil à s’en aller et épouser quelqu'un d'autre. Le fait que la mère du foyer d'accueil avait été récemment condamnée pour la fraude aggravée pour avoir reçu trop de salaire pour le foyer d'accueil ne semblait pas aggraver les circonstances dans ce contexte, puisque le crime n'avait pas inclus l'argent qui était payé par la municipalité qui avait mis Alexander dans leur soin!!!

 

Le choix des mots de la cour indique un manque de compréhension pour la situation d'Alexander dans le foyer d'accueil. Ou, peut-être faisaient-ils un effort conscient de cacher les faits, comme l’on avait fait ces quatre dernières années en cachant consciemment la misère dans le foyer d'accueil derrière des phrases éblouissantes et idéalisantes exprimées par certains des experts les plus expérimentés de notre pays dans cette matière. Et, pour ne pas mentionner l'inefficacité et l'incompétence complètes montrées par la municipalité de Lidingö.

 

Dans cette perspective, la cour ne pouvait pas de bonne foi commander à Alexander de demeurer dans le foyer d'accueil avec, par exemple, le père d'accueil comme son gardien juridique particulièrement désigné. Ils ont choisi de donner la responsabilité parentale d'Alexander à un étranger total.

 

Pour quelles raisons prend-on la responsabilité parentale de la mère? (le père avait renoncé à tous ses droits).

 

Il y a trois raisons pour les décisions, à mon avis.

 

1. Vieux matériel de recherche

Les choses qui se sont survenues avant qu'Alexander ait été caché dans le foyer d'accueil reposent comme une ombre maudite sur de la situation actuelle. Malgré le fait que la matière employée dans la recherche est accusée d'être vieille (5 ans et plus vieux) et contradictoire. Eva Aminoff s'oppose à une partie de l'information qui apparaît en ce matériel volumineux et âgé, entre autres.

 

2. L'intransigeance d'Eva Aminoff vers des aspects dans la société suédoise

En tant que journaliste, elle a à plusieurs reprises et dans des contextes différentes critiqué très fort les autorités qui ont traité son propre cas, et elle a également critiqué la société suédoise du point de vue d'un immigré. Son intransigeance contre certaines occurrences dans notre société a ainsi contribué à ce qu'elle n'a pas été approuve en tant que parent en Suède.

 

3. Avis des  experts

À mon avis, la chose la plus grave est que l'on a permis à certains experts psychiatriques de dicter le verdict de la cour cette fois-ci. Ces experts sont non seulement des complices au fait qu'Alexander a pu être caché dans le foyer d'accueil pendant si longtemps sans que les autorités n'aient fait des contrôles auprès dudit foyer. Ils ont également conseillé la municipalité de Lidingö de retirer la garde légale pour Alexander d'Eva Aminoff. Une recommandation qui est apparue dès qu'ils ont commencé à cacher Alexander dans le foyer d'accueil. La cour agit alors sur leur recommandation et sur celle du conseil de la municipalité de Lidingö. Il ne m'étonné donc plus que les recommandations de ces experts ont été déclarés secrètes. Elles ont été secrètes pendant beaucoup d'années, comme montrent les articles de Birgitta Wolf dans le Journal Suédois.

 

Depuis la nouvelle année, j'ai fonctionné moi-même en tant qu'expert dans le cas d'Aminoff. Il est évident que j'héberge des avis tout à fait différents de la mafia, qui depuis beaucoup d'années s'est groupé ensemble autour de leurs idées fausses. Par exemple j'ai été choqué et affligé par le fait qu'Alexander Aminoff a été appelé Alexander Jönsson dans le foyer d'accueil. Et j'ai été choqué et affligé par le fait qu'ils l'ont considéré possible de mettre en cause Eva Aminoff en tant que gardienne légale, sans l'avoir rencontrée ou d'avoir fait au moins une évaluation qualifiée de la mère et du fils ensemble. Ils ont été séparés violemment quand il était un garçon (de 10 ans). Maintenant il est un adolescent (de 15 ans).

 

Cet arrêt de la cour est insolite pour autant que la cour ne pèse pas le pour et le contre, qui est le procédé normal. Dans le verdict il y a des spéculations ouvertes. Sans un mot de critique, les accusations sont empilées contre Eva Aminoff. Le verdict est donc une expédition d'une décision préconstruite.

 

Mais, peut-être ce qui est le plus choquant est que le verdict est prononcé dans la pleine conscience qu'Alexander est avec sa mère en dehors du pays. Après avoir été interrogé pendant les démarches de cour, il s'est échappé du foyer d'accueil environ  un mois avant que le verdict a été délivré.

 

Une réunion entre la mère et le fils n'a pas pu être empêchée. La question est combien de dommages a été infligé sur Alexander pendant ces années où il "pour son propre meilleur" a été caché loin de ses proches et chers.

 

Dans l'intérêt d'Alexander, si pour rien d’autre, les démarches de cour pourraient avoir été suspendues, quand la mère et le fils ont été réunis et il s'est réfugié.

 

Au lieu de laisser tomber le procès, en fait, la cour a condamné Alexander à quitter la Finlande son pays d'origine, et sa mère, pour retourner "chez lui" pour son propre meilleur pour se soumettre à la garde d'un étranger complet de nationalité suédoise!

 

C'est juste l'extrémité de l'iceberg.

 

 

 

 

Commentaires du CNDH

L'affaire Alexander Aminoff, où les autorités sociales s'acharnent violemment contre les parents - même de nationalité étrangère - par la confiscation de leurs enfants, n'est qu'un de ces cas de violation du droit au respect pour la vie privée et familiale, garanti par l'Article 8 de La Convention Européenne des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales.

La Cour Européenne à Strasbourg a condamné La Suède pour violations de la vie privée et familiale dans plusieurs cas. Le gouvernement de La Suède a payé les amendes décidées par La Cour, mais il n'a rien fait pour effectuer un changement dans le système. Le 20 Juin 2000, le gouvernement Suédois a payé 2,1 millions Couronnes en tant que règlement amical à la famille Lindelöf à Stockholm, suite à la décision d’admissibilité de leur plainte à La Cour Européenne.

Le cas d'Alexander Aminoff a eu lieu pendant les années 1980. Alexander Aminoff est adulte maintenant, mais il souffre toujours des dommages que les autorités sociales l'avaient infligées dans leur croisade contre sa mère, Eva Aminoff. Alexander Aminoff a écrit son "Histoire de ma jeunesse" et la radio Nota Bene en Norvège l'a transmit à plusieurs reprises.

 

Des cas comme celui d'Alexander Aminoff se déroulent chaque jour dans les cours administratives en Suède et dans les autres pays nordiques, à savoir La Norvège, Le Danemark et La Finlande. La Cour Européenne constituée en Grande Chambre a condamné La Finlande le 12 Juillet 2001 pour violation du droit au respect pour la vie privée et familiale dans l'affaire K & T contre la Finlande.

 

Rien n'a changé dans les pays providence.

 

 

 

 

 

 

Le cas d'Alexander - un enfant confisqué

Des prisons pour enfants – en Suède ?

 

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